Pierre Moscovici et le gouvernement grec de M. Tsipras

Pierre Moscovici que j’estime un ami de la Grèce parle plusieurs langages politiques. Chose normal pour un ancien trotskisτe et énarque devenu social-démocrate et successivement ministre des affaires européennes, ministre des finances et finalement commissaire européen aux affaires économiques et financières.

Lorsqu’il rencontre le Premier Ministre Grec Alexis Tsipras, il voit un autre expert des langages politiques. De révolutionnaire, Tsipras est devenu simplement contestataire, puis réformateur contre son gré, pour finalement demander aujourd’hui un simple réaménagement de la dette grec qu’il qualifiait autre fois d’illégal et de honteux.

A l’heure de l’Europe de Wolfgang Schäuble il ne peut être question de plus. Cela Moscovici, nommé avec difficulté par François Hollande contre l’avis des allemands, le savait et Tsipras vient de l’apprendre d’une manière plus que désagréable. Mais finalement à lire la presse grecque la rencontre se passe comme prévu entre deux personnes experts de langages politiques. Chacun entend ce qu’il veut entendre.

Moscovici a dit aux grecs en substance qu’il faut garder le Fonds Monétaire International dans le programme. Parce que Schäuble l’a promis aux députés allemands. Pour garder le FMI qui demande des mesures sur la dette grec, il faut continuer les reformes et même en faire d’autres. Et si tout cela est fait, on discutera peut être la question de la dette.

Tsipras de son côté considère que le Commissaire est un allié possible contre la ligne dure du ministre des finances allemand. La suite on la verra bientôt, mais il est fort possible qu’à la fin  Schäuble obtiendra ce qu’il veut : le FMI dans le programme grec, demandant encore plus des politiques de récession, en échange de mesures hypothétiques sur la dette dont l’essentiel ira après les élections allemandes, c’est a dire trop loin pour qu’on puisse véritablement en juger. Tout ce qui se fera maintenant ca sera soit rien, soit des mesures déjà décidées pour un résultat plus que discutable.

En lisant leurs déclarations, j’ai eu comme une image du Premier Ministre grec essayant de choisir entre les différentes destinations possibles pour son pays. Laquelle choisir ? Celle du Commissaire  Moscovici ou celle de ministre allemand Schäuble ? Celle de la banque Centrale Européenne ou celle du FMI ?

C’est le cœur du problème du gouvernement d’Alexis Tsipras depuis sa capitulation en Juin 2015. Ayant constaté dans les faits que les destinations que SYRIZA imaginait avant d’arriver au pouvoir sont tout simplement  impossibles, il ne sait plus maintenant ou il veut amener son pays. Et il essaie vainement de choisir entre les destinations que d’autres lui proposent.

C’est aussi le problème de la société grecque dans son ensemble : cesser de choisir entre options proposées par d’autres et décider ou elle veut aller par elle-même. Alors la collaboration avec les «étrangers» deviendra plus facile et plus efficace.

La seule responsabilité de l’Europe sera alors d’imaginer des programmes qui pourront être raisonnablement adoptées et pas uniquement subis,  en Grèce ou ailleurs. Quelque chose pour recréer du lien entre citoyens et politique comme dirait Moscovici autrefois.

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